Malgré sa réputation de ville ennuyante et son affreux centre-ville, la ville de Buffalo camouffle des charmes insoupçonnés et c'est probablement ce qui explique pourquoi les joueurs des Sabres adorent tout de même y vivre.

Même Scotty Bowman y a élu résidence depuis son passage à la tête de l'équipe. Même chose avec le gardien québécois Martin Biron, et la liste pourrait encore s'allonger, car lorsqu'on se donne la peine de quitter la ville, on découvre des banlieues extraordinaires.

Tout un contraste avec la ville où les édifices abandonnés se multiplient chaque année. Et les buildings qui ne sont pas encore placardés n'ont pas été rafraîchis depuis des lunes. En fait, au centre-ville de Buffalo, le plus bel endroit s'avère sans conteste le domicile des Sabres.

Une petite ballade en tramway suffit pour faire vivre tout un contraste à quiconque visite Buffalo pour la première fois. Vous n'avez qu'à sauter dans un wagon à une extrémité de la ville et et à vous rendre jusqu'à l'autre bout. Un voyage désolant d'une dizaine de minutes à travers une ville en décrépitude, et puis tout à coup, au dernier arrêt, on découvre le HSBC Arena. HSBC pour Hong-Kong & Shanghaï Banking Corporation.

Superbe hall

Le premier coup d'oeil se porte immédiatement sur l'imposant hall d'entrée. Peut-être un des plus beaux de la LNH. Déjà immense, l'endroit paraît encore plus vaste grâce aux fenêtres qui s'étendent sur une largeur de 330 pieds et qui s'allongent sur une hauteur de 65 pieds.

Avant de pénétrer dans l'enceinte même, on remarque d'abord la boutique souvenirs des Sabres, la plus spacieuse de toute la LNH. Les partisans peuvent choisir parmi une quantité incroyable de matériel étalé sur une superficie de 5000 pieds carrés. Comparé à la boutique des Sabres, le minuscule magasin du Centre Bell ressemble beaucoup plus à un comptoir de marché aux puces qu'à une véritable boutique.

À côté de l'entrée de la boutique, prenez le temps d'arrêter jeter un coup d'oeil sur le petit panthéon des sports de Buffalo. Il s'agit en fait d'une grande vitrine où sont exposés différents objets ayant appartenu à des célébrités de la ville, comme les hockeyeurs Gilbert Perreault et Pat Lafontaine, ou l'ancien quart-arrière des Bills, Jim Kelly.

Nombreux Canadiens

Une fois à l'intérieur, le building ressemble à ce qui se fait ailleurs dans la LNH. Inauguré en septembre 1996, le HSBC Arena peut accueillir 18 595 spectateurs, et bon nombre d'entre eux proviennent du Canada, puisque Buffalo est situé à la limite de la frontière des États-Unis à seulement quelques minutes de Niagara et à moins d'une heure de Hamilton

Pas surprenant qu'il s'agisse de la ville américaine où l'on dénombre le plus grand nombre de partisans du Canadien. Comme il est pratiquement impossible de mettre la main sur des billets à Montréal et à Toronto, à chaque visite du Tricolore, on croise toujours avec plaisir plusieurs Québécois qui n'ont pas hésité à effectuer le trajet pour aller encourager leurs favoris.

Des partisans incroyables

Les Sabres n'ont jamais remporté la Coupe Stanley mais leurs partisans demeurent néanmoins très loyaux et aussi très engagés. Les chandails des Sabres sont, depuis quelques années, d'excellents vendeurs. La saison dernière, le chandail de Ryan Miller - il a connu une année exceptionnelle - était le 14e plus vendu de la Ligue nationale !

Les amateurs avaient aussi appuyé massivement la candidature de leurs représentants en votant à répétition pour leurs favoris en prévision du match des étoiles. Un jeune homme de Buffalo et fan inconditionnel de Rory Fitzpatrick (qui a passé cinq ans dans l'organisation des Sabres) avait même lancé une campagne de promotion dans Internet et le défenseur des Canucks était venu près d'être invité à la classique annuelle qui se déroulait à Dallas en 2007...

Une preuve d'amour

Le Québécois Jason Pominville a aussi reçu une belle preuve d'amour en 2006 quand une section d'un restaurant a été officiellement baptisée Pominville. Ce « quartier » fictif du resto, évidemment situé pas trop loin du bar, est délimité par une frontière imaginaire, mais dès qu'on traverse, il faut jouer le jeu.

Le maire de Pominville vous accueille et vous présente fièrement ses citoyens qui arborent tous le populaire chandail 29. Accrochés pèle-mêle sur les murs, on retrouve des douzaines de photos et d'articles bidons ayant (selon la légende) appartenu à de nobles ancêtres de l'attaquant québécois.

Présente pour tous les matchs des Sabres diffusés au petit écran, Miss Pominville se ballade à travers les clients, saluant au passage le shérif, le pompier, le facteur, ou le juge de Pominville, tous clairement identifiés par leur chandail. Et depuis les séries éliminatoires du printemps passé, Pominville a maintenant son journaliste officiel !

Le berceau des Buffalo Wings

Qui dit amateur de hockey, dit presque invariablement amateur d'ailes de poulet.

Un voyage à Buffalo, aussi bref soit-il, serait incomplet sans un arrêt au Anchor Bar, le restaurant où ont été servies les fameuses Buffalo Wings pour la toute première fois de l'histoire.

En pénétrant dans ce restaurant vieux de plus de 75 ans, l'odeur épicée de la sauce nous chatouille les narines pendant que notre regard se promène furtivement sur les murs jaunis à la recherche des photos des célébrités qui ont fait escale dans ce lieu où s'est jouée une partie de l'histoire de la gastronomie sportive.

Grâce à mère Teressa

Les ailes piquantes doivent leur naissance à Teressa Bellissimo.

Un soir de 1964, leur fils et ses amis se pointent au restaurant à la fermeture et réclament avec empressement un petit quelque chose à se mettre sous la dent. En ouvrant le frigo, Teressa constate qu'il n'y reste plus rien à l'exception de plusieurs ailes de poulet qu'elle utilise pour cuisiner sa soupe. Elle décide donc de les faire cuire et d'ensuite les enduire de sauce barbecue.

Les adolescents dévorent ce casse-croûte improvisé que la cuisinière baptise « les ailes Buffalo ». Un groupe plus imposant revient le lendemain et demande le même repas. Le reste appartient à l'histoire. Quarante-quatre ans plus tard, la recette n'a que légèrement évolué et les connaisseurs peuvent commander leurs ailes en portions de 10, 20 ou 50 morceaux.

On les sert avec une sauce douce, moyenne, forte, barbecue ou « suicide » et on vous recommande d'acheter un contenant de sauce de la légendaire recette originale pour rapporter un peu de goût de Buffalo à la maison !