« Avec la vague des nouveaux arénas, ça se ressemble un peu partout à travers la Ligue nationale. Pour accommoder les partisans, on a construit de beaux gros complexes luxueux qui servent notamment au hockey », a mentionné Jacques Demers, qui a dirigé les Wings de 1986 à 1990.

« L'aréna Joe Louis est le dernier édifice où ça sent vraiment le hockey. En y entrant, on met pratiquement les pieds dans un musée. »

L'entraîneur en chef québécois a connu la gloire dans la ville de l'automobile et encore aujourd'hui, le récipiendaire du trophée Jack Adams de 1987 et de 1988 ne peut pas passer inaperçu quand il met les pieds à Detroit.

Inauguré dans la controverse en 1979 et succédant au vieil Olympia, l'aréna Joe Louis était à l'origine appelé le Joe Louis Warehouse, car l'immense bloc de béton faisait penser davantage à un entrepôt.

Avant même l'ouverture, une polémique tournait autour du nom donné à l'endroit, alors que plusieurs amateurs n'acceptaient pas de voir l'aréna être baptisé du nom d'un des plus grands boxeurs de l'histoire, même si Joe Louis a passé une partie de son enfance à Detroit.

La plupart des partisans des Red Wings auraient plutôt souhaité que l'amphithéâtre soit nommé en l'honneur de Gordie Howe, qui est considéré à juste titre comme le plus grand joueur de l'histoire de la formation.

Lieu culte

Lorsque Mike et Marian Illitch ont fait l'acquisition de l'équipe en 1982, leur premier geste a été de décorer et réaménager l'intérieur de l'édifice. Adieu l'ambiance d'un vaste entrepôt, bienvenue au concept d'aréna.

Cette vision cadre beaucoup mieux avec le concept de Hockeytown que s'est octroyé Detroit, en raison des succès des Red Wings et de la douzaine de tournois universitaires tenus chaque année dans cette ville industrielle du Michigan. 

Avec la disparition des amphithéâtres d'antan de la LNH, le vieux Joe Louis se veut donc très attrayant pour les amateurs de hockey nostalgiques. On retrouve, entre autres, les bannières des 10 conquêtes de la Coupe Stanley de l'équipe et les sept uniformes qui ont été retirés.

Vestiaire mythique, galerie désuète 

Pour garder l'endroit encore un peu plus mythique, cinq anciens joueurs des Red Wings possèdent encore leur casier dans le vestiaire. Entre les sièges réservés et identifiés à Pavel Datsyuk, Johan Franzen ou Nicklas Lidstrom se retrouvent ceux de Terry Sawchuk, Ted Lindsay, Alex Delvecchio, Gordie Howe et Steve Yzerman. 

Si le vestiaire se veut très spacieux et toujours fonctionnel, on ne peut en dire autant de la galerie de presse. 

Lors de la visite réservée aux journalistes, quelques jours avant l'ouverture officielle, les quelques scribes présents ont été étonnés de constater qu'il n'y avait aucun endroit où ils pouvaient s'installer pendant les matchs.

Les architectes et les dirigeants de l'époque avaient tout simplement oublié de prévoir une galerie de presse. C'est ainsi qu'une passerelle de fortune a été aménagée dans le haut des gradins. Encore aujourd'hui, les journalistes et les commentateurs doivent se frayer un chemin à travers la foule pour accéder à ce lieu de travail assez vétuste.

 Pieuvres et salles combles

 Pendant les séries éliminatoires, ne soyez pas surpris de voir une pieuvre se retrouver sur la glace de l'aréna Joe Louis.

À l'époque où seulement six équipes participaient aux séries, huit victoires suffisaient à remporter la Coupe Stanley.

Les huit pattes de la pieuvre symbolisant les triomphes nécessaires pour les amateurs, il s'agit d'un rituel curieux mais tout de même logique. L'étrange tradition demeure et si un des employés récupère une pieuvre à l'aide d'une pelle, il sera copieusement hué. Par contre, si elle est ramassée à mains nues, le préposé sera chaleureusement acclamé.

Il ne faut pas oublier que les partisans des Red Wings sont bruyants et exubérants, car ils adorent se déguiser et se maquiller aux couleurs de leur équipe. Ils sont également extrêmement fidèles, puisque depuis le 10 décembre 1996, toutes les rencontres des Wings ont été disputées à guichets fermés.

Le Joe Louis Arena en un coup d'oeil:

Premier match : 27 décembre 1979

Coûts de construction : 57 millions $

Capacité

Hockey : 20 066

Basketball : 19 730

Spectacles : 20 066

Conquêtes de la Coupe Stanley depuis que l'équipe est à l'aréna Joe Louis : 1997, 1998, 2002