On ne peut s'empêcher de penser aussi que c'est à Québec et non à Denver que Peter Forsberg, Joe Sakic, Raymond Bourque et Patrick Roy auraient répété l'exploit cinq ans plus tard.

Rêve impossible...

Domicile de l'Avalanche du Colorado, le Pepsi Center est sorti de terre en 1998. Construit au coût plus qu'abordable de 160 millions de dollars, il a ouvert ses portes en octobre 1999.

Il faudra dépenser quelque 50 M$ de plus pour ériger pareil amphithéâtre aujourd'hui et donner à Québec une infrastructure dont elle aurait bien besoin.

Comme elle l'a aussi fait dans le sud de la Floride lors de l'inauguration du domicile des Panthers, c'est Céline Dion qui a baptisé le Pepsi Center en y présentant le premier évènement d'envergure. Son mari et gérant René Angélil étant un proche ami de Pierre Lacroix, alors président et directeur général de l'Avalanche, les négociations ont été faciles à conclure...

À l'image du centre-ville

Le Pepsi Center est beau, mais sobre. Il est à l'image du centre-ville de Denver. Un centre-ville qui s'est refait une beauté au fil des dernières années avec la construction du Pepsi Center, mais aussi du Coors Field, le domicile des Rockies, dont la construction a donné le coup d'envoi à ce grand projet.

De l'autre côté de l'autoroute qui traverse Denver, le Invesco Field, domicile des Broncos, trône sur la ville. Des très grandes fenêtres ornent la façade du Pepsi Center, vers lequel les amateurs de sports et de spectacles convergent entre 250 et 275 fois par année pour assister aux matchs de l'Avalanche, des Nuggets (NBA) et aux nombreux concerts offerts par les plus grands artistes de la musique qui font escale aux pieds des Rocheuses américaines.

Un des premiers amphithéâtres modernes de la LNH, il est bien sûr doté de loges d'entreprises, de sièges confortables et de systèmes d'animations électroniques dernier cri.

C'est d'ailleurs au Pepsi Center qu'on a vu apparaître les anneaux électroniques qui ceinturent aujourd'hui presque tous les amphithéâtres dignes de ce nom dans la LNH.

Des anneaux sur lesquels on propose de la publicité, bien sûr, mais aussi une multitude d'animations et d'informations pour créer de l'ambiance et renseigner les partisans sur les matchs en cours à l'extérieur, les fiches des équipes et les statistiques des joueurs.

Une maison sur le toit

La seule extravagance relevée au hasard d'une promenade est haut perchée sur le toit de l'immeuble.

Au premier coup d'oeil, on se croit victime d'une vision. On doit s'y reprendre par deux, voire trois fois pour finalement réaliser que l'oeil transmet bel et bien la bonne information et que le cerveau l'analyse correctement.

Eh oui ! C'est une maison qu'on remarque tout là haut sur le toit du Pepsi. Cette maison est le pied-à-terre que s'est fait bâtir Stan Kroenke, le milliardaire propriétaire de l'Avalanche et des Nuggets. Marié à l'une des héritières de l'empire WalMart, Kroenke a fait fortune en s'associant à sa belle-famille en bâtissant des centres commerciaux érigés autour de ces magasins à rayons.

Sa fortune personnelle est évaluée à 1,8 milliard. Lorsqu'il a acheté le club et l'amphithéâtre qu'il occupe en 2000, Stanley Kroenke a demandé qu'on lui construise un loft sur le toit. C'était plus pratique que d'avoir à descendre à l'hôtel... aussi luxueux soit-il ! Kroenke y débarque, seul ou avec les membres de sa famille, lorsqu'il quitte l'État du Missouri où il vit, en vient faire des visites à Denver pour assister à des matchs de hockey ou de basket. Disons que ça change des cabanes construites dans un arbre au fond de la cour avec quelques planches...

Autre signature apposée par Stanley Kroenke sur son building, la construction d'un grand lieu de rassemblement qu'est le Blue Sky Grill. Après être devenu propriétaire, Kroenke s'est vite rendu compte que seuls les partisans plus fortunés qui avaient accès aux loges pouvaient se réunir dans un restaurant avant les matchs. Les autres étaient confinés aux concessions. Kroenke a fait aménager ce restaurant où les détenteurs de billets ou les simples partisans qui n'ont pas les moyens de s'en offrir se réunissent.

Obama a volé la vedette

Denver est une grande ville. Une grande ville de sports qui a eu la chance de vibrer au rythme des deux Super Bowl que lui ont offerts John Elway et les Broncos (1998 et 1999), des deux conquêtes de la coupe Stanley que Patrick Roy et les anciens Nordiques ont soulevées (1996 et 2001), du championnat de la Ligue nationale de baseball conquis en 2007 par les Rockies.

L'Avalanche a fait salle comble pendant plusieurs années depuis son entrée dans la LNH. Les partisans s'assuraient même de huer copieusement les amateurs qui ne se s'étaient pas rendus aux matchs lorsque, à toutes les parties locales, l'annonceur maison confirmait le nombre de « casseux de party » qui étaient restés à la maison pour des raisons qui ne seront jamais assez valables pour les excuser...

L'Avalanche a disputé 487 matchs consécutifs à guichets fermés entre son arrivée à Denver à l'automne 1995 et le mois d'octobre 2007.

Mais il y a deux ans, le sport a été mis de côté pour quelque temps à Denver. Et ce n'est pas seulement parce que l'Avalanche est en reconstruction, que les Broncos et les Rockies se cherchent et que les Nuggets recherchent une première bannière.

Non !

Le sport est passé deuxième en raison du passage remarqué, et remarquable, qu'y a fait Barack Obama dans le cadre de la convention Démocrate qui l'a couronné à titre de candidat à la présidence des États-Unis.

Une convention qui lui a servi de tremplin et l'a projeté jusqu'au bureau ovale à la Maison-Blanche.

« Cet évènement s'est avéré le plus gros de l'histoire de notre building. Le plus gros de l'histoire de la ville de Denver. Trente-cinq mille délégués démocrates, journalistes et observateurs ont convergé vers Denver pour ce congrès. Les économistes ont évalué les retombées à 200 M$. Et c'est sans compter la visibilité qu'un tel évènement, qui a marqué l'histoire politique des États-Unis, a donné à notre ville », indiquait à Hockey Le magazine Jean Martineau, vice-président aux communications de l'Avalanche.