Un sentiment de jalousie envahit probablement les joueurs et les amateurs de hockey venant de l'extérieur et qui s'arrêtent pour visiter la nouvelle « maison » de Martin Brodeur.

De l'extérieur, l'édifice, construit au coût de 375 millions de dollars, ressemble plutôt aux autres nouvelles constructions du genre, avec deux halls d'entrée imposants situés dans de grandes tours vitrées. Le mur principal se distingue aussi, puisqu'il est décoré d'un immense écran géant de 49 pieds par 90 pieds.

À l'intérieur, les partisans peuvent déambuler sans se faire pousser dans de larges corridors admirablement bien décorés avec des photos et des peintures des Devils.

En pénétrant dans l'enceinte, on constate ensuite toute l'intimité du building qui ne peut accueillir que 17 625 spectateurs.

L'intérieur de l'édifice rappelle beaucoup le X-Cel Energy Center du Minnesota avec les nombreuses aires ouvertes des restaurants et des bars qui donnent directement sur la surface de jeu.

« Presque toutes les villes ont maintenant un nouveau building. Les architectes qui ont construit notre aréna ont donc pu se promener à travers la ligue et prendre le meilleur de tout ce qui s'est fait ailleurs », expliquait Martin Brodeur, visiblement fier de son chez-lui.

À l'exception de la passerelle de presse, qui se veut sans doute la plus éloignée du jeu de toute la LNH, tout a été pensé et repensé lors de la préparation des plans du Prudential Center.

Lorsque la place est occupée pour un concert, les joueurs et les dirigeants des Devils n'ont qu'à emprunter un petit couloir pour se rendre au complexe d'entraînement.

Voilà qui est beaucoup plus commode que de se déplacer dans un centre d'entraînement situé à des dizaines de kilomètres.

Et tout comme dans l'édifice principal, rien n'a été laissé au hasard dans l'élaboration de ce centre d'entraînement. On y retrouve les mêmes commodités, et le vestiaire des joueurs est même beaucoup plus spacieux que celui utilisé lors des matchs.

Les bureaux de la direction surplombent la patinoire auxiliaire, et de son grand bureau vitré, Lou Lamoriello peut épier les faits et gestes de ses ouailles à leur insu.

Le grand patron des Devils a pensé à tout et il n'a négligé aucun détail. La patinoire d'entraînement se veut une réplique identique de la vraie à tous les points de vue.

Les dimensions de la surface, les bancs des joueurs ou des punitions, les matériaux utilisés pour les rampes et les baies vitrées et même les publicités sur les rampes sont identiques à ce que l'on retrouve dans le building principal.

Un déménagement qui s'imposait

Le moins que l'on puisse dire, c'est que les Devils n'ont pas quitté le vieux Continental Airlines Arena par pur caprice. Désuet et situé entre des autoroutes et des terrains vagues, l'amphithéâtre érigé en 1981 ne répondait plus du tout aux exigences du hockey des années 2000.

Situé en plein milieu d'un immense stationnement de près de 25 000 places, le premier domicile des Devils ne comptait que 29 loges et aucune passerelle de presse digne de ce nom.

Les joueurs des clubs visiteurs ne se plaindront pas non plus de quitter l'endroit puisque, le vestiaire des adversaires n'était sûrement pas plus grand que celui de votre aréna local.

Même si l'équipe de Lou Lamoriello s'est régulièrement classée parmi les meilleures de la LNH depuis une douzaine d'années, et malgré la conquête de trois Coupes Stanley (1995, 2000 et 2003), l'ambiance a toujours été plutôt tranquille dans le vaste Continental Airlines Arena.

Même le défilé des Champions était plus fade qu'ailleurs, puisque les Devils étaient contraints de festoyer dans le stationnement !

Le déménagement permet maintenant aux joueurs des Devils d'évoluer dans un environnement beaucoup plus propice au hockey et aussi de dénicher une nouvelle base de partisans.

« Étant donné qu'on jouait dans un champ, on s'est appelé les Devils du New Jersey car on n'était identifié à aucune ville ! Ici à Newark, on se retrouve enfin dans une vraie ville, comme toutes les équipes de la LNH. On vient d'arriver et déjà on constate que les gens de la place sont derrière nous », note Brodeur.

« Les commerçants ont décoré leurs vitrines avec des logos des Devils et ça ne fait que commencer. En plus, les gens ici ne roulent pas sur l'or et la construction du Prudential Center va permettre de relancer la ville de Newark », a également souligné le célèbre gardien des Devils.

Construit dans un secteur dangereux ?

Il y a trois ans, lorsque les Devils ont inauguré le Prudential Center, Barry Melrose, commentateur pour le réseau américain ESPN avait soulevé l'ire de la population de Newark.

L'ancien entraîneur-chef des Kings de Los Angeles - et du Lightning de Tampa Bay - avait mentionné en direct à la télévision qu'il valait mieux garder son porte-monnaie dans ses poches à l'extérieur de l'aréna car les risques de se le faire voler étaient élevés.

Melrose, qui arbore la même coupe de cheveux que lors de la finale de 1993 contre le Canadien, a été obligé de présenter des excuses publiques par la suite. Mais un fait demeure : au premier coup d'oeil, l'endroit ne parait pas des plus sécuritaires.

« À ce que je sache, à Los Angeles, les Kings n'ont pas bâti leur nouveau building à Beverly Hills ! C'est normal qu'un nouvel édifice ne se retrouve pas en plein milieu du centre-ville entre de beaux monuments flambants neufs », défend Brodeur avec conviction.

« C'est vrai qu'il y a quelques immeubles désaffectés près de l'aréna et ça paraît mal, concède-t-il ensuite. Mais il n'y a rien de dangereux à se promener dans le coin et il y a beaucoup de projets qui s'en viennent », d'assurer le gardien des Devils.

Et devinez quoi ? En marchant vers un charmant petit bistrot bien caché à trois ou quatre coins de rue de l'aréna, personne ne nous a demandé notre porte-monnaie !