Aujourd'hui, bien que les Oilers forment une équipe qui
n'est pas comparable avec celle des années 1980, la capitale albertaine vibre
toujours autant au rythme de son équipe de hockey. Surtout à l'intérieur du
Rexall Place, un vétuste aréna où règne une ambiance incroyable.
Comparé au
Centre Bell, au Centre Air Canada, au Honda Center et autres majestueux
amphithéâtres de la Ligue nationale de hockey, le Rexall Place fait figure de
parent pauvre.
À commencer
par son nom.
Un nom qui
ne dit rien.
Un nom qui
fait outrage à cet amphithéâtre qui a hébergé quelques-unes des meilleures
équipes de l'histoire de la LNH alors que les Oilers d'Edmonton y ont remporté
cinq fois la coupe Stanley en sept ans, entre les printemps 1984 et 1990.
Mais dès
qu'on descend d'un taxi et qu'on lève les yeux sur ce petit et vétuste
amphithéâtre, une sensation particulière s'empare de n'importe quel amateur de
hockey.
À cause de
la neige et du froid mordant qui règne sur la capitale albertaine, on se sent
tout de suite dans un environnement de hockey.
À cause de
la statue en bronze d'un tout jeune Wayne Gretzky brandissant une coupe
Stanley, on se sent encore plus dans l'un des hauts lieux de la Ligue
nationale.
Un sentiment
qui ne fait que prendre de l'ampleur lorsqu'on pénètre à l'intérieur de cet
édifice qui a connu ses années de gloire alors qu'on l'appelait le Northland
Coliseum.
Un nom qui
lui va mieux. Beaucoup mieux. Car dans le fond, le domicile des Oilers est sans
doute le dernier des vrais colisées ayant pignon sur rue dans la LNH.
Le Colisée
de Québec pourrait lui faire la lutte s'il n'était pas orphelin des Nordiques
depuis bien des années.
Et le Nassau
Coliseum de Long Island?? Aucune comparaison. Déserté par les fans qui appuyaient jadis des grandes
équipes des Islanders, au milieu de nulle part, le Nassau Coliseum agonise dans
l'indifférence la plus complète des amateurs de hockey de Long Island.
La
meilleure glace au monde
Le 17
février prochain, les joueurs du Canadien, comme tous les joueurs de la LNH qui
font escale à Edmonton, seront heureux de poser les patins au domicile des
Oilers.
Pourquoi ?
À cause de
la qualité de la patinoire.
« J'ai joué ici deux ans
et c'est vrai que cette patinoire n'a pas son égale ailleurs dans la Ligue. Je
ne sais pas si c'est la température et le niveau d'humidité qui enveloppent
Edmonton, je ne sais pas si c'est le système de refroidissement ou simplement
la qualité des préposés, mais il y a quelque chose de spécial ici. Les lames de
patins filent sur la glace, les rondelles glissent parfaitement sur cette
surface qui n'est jamais écaillée et qui semble mieux résister aux coups de
patin », explique le défenseur du Canadien Roman Hamrlik.
« Nous avons une très
bonne patinoire à Montréal. Les gars y font du travail remarquable, mais avec
les spectacles et les activités, je pense que notre patinoire à Montréal, même
si elle se rapproche de ce qu'on a ici à Edmonton, est moins constante en fait
de qualité. Mais c'est bien pire ailleurs. Quand on débarque en Floride, à
Dallas, à Phoenix, en Californie et même à New York, on ne sait jamais à quoi
s'attendre. Les surfaces se dégradent rapidement et il devient difficile non
seulement de patiner, mais de compléter des passes et de décocher des tirs sans
avoir à d'abord jongler avec des rondelles sautillantes. »
La question
de la patinoire et de sa qualité est au centre des préoccupations reliées à
l'érection d'un nouveau domicile?: les Oilers seront-ils en mesure de conserver
la qualité de leur patinoire ?
L'état-major
de l'équipe assure que oui.
Les joueurs
attendent et se croisent les doigts.
Encore
bien vivant
À Edmonton,
le Rexall Place est encore bien vivant.
Oh! Ouvert
en 1974, il a pris de l'âge. Même qu'il n'en a plus pour bien longtemps. D'ici,
deux, trois ou quatre ans, un édifice tout neuf, plus moderne, plus gros, plus
tout, sera érigé au centre-ville d'Edmonton.
Bon! Il y a encore un peu de
bisbille entre les personnes influentes du monde des affaires et de la
politique d'Edmonton pour la sélection finale du site choisi. Mais le projet du
nouvel amphithéâtre verra le jour.
Et lorsqu'on
effectuera le coup de pelle symbolique pour lancer les travaux, il faudra
commencer à creuser la fosse dans laquelle l'ancien Colisée sera enfoui. Mais
contrairement aux domiciles des Islanders, celui des Oilers n'est pas malade.
Il est même en bonne santé.
Il respire
le hockey à pleins poumons. Il vibre au rythme de ses Oilers et de leurs
partisans. Il vit. Et s'il est vrai qu'il vieillit, il vieillit bien.
Oui, il va
bientôt mourir. Mais entouré comme il est d'une vraie équipe de hockey et de
vrais partisans, on sent qu'il mourra heureux.
Ce qui est
loin d'être le cas à Uniondale.
Aucun
artifice
En plus de la
qualité de la patinoire, c'est l'authenticité de l'ambiance qui règne au
domicile des Oilers qui saute aux yeux et aux oreilles.
Avec ses 16
839 places - le nombre était de 17 100 avant les travaux qui ont coûté 17
millions de dollars et quelques sièges pour procéder à la construction de 67
loges - le Rexall Place est l'un des plus petits amphithéâtres de la Ligue.
De fait,
seul le Nassau Coliseum est plus petit.
Construite
en acier avec un plancher de béton, la galerie de presse est suspendue
au-dessus des gradins. Elle vibre et balance un peu au rythme des explosions de
joies qui éclatent dans les gradins.
Des
explosions sincères, sans artifice, comme c'est le cas au Centre Bell et dans
les amphithéâtres modernes où une musique tonitruante et même des applaudissements
et des cris d'encouragement sont crachés par des systèmes de sonorisation aussi
modernes que puissants, qui amplifient la passion réelle des partisans.
À Edmonton,
il n'y a rien de cela.
Entre les
arrêts de jeu, on peut paler du talent de Taylor Hall ou de Jordan Eberle sans
avoir à crier aux oreilles de son voisin ou à faire semblant qu'on a compris ce
qu'il vient de nous dire.
Ça ne veut
pas dire qu'il n'y a pas d'ambiance. Ça veut juste dire qu'elle est vraie, sans
artifice. Quand on peine à s'entendre parler, c'est parce que les partisans
sont vraiment contents, et que cette satisfaction vient d'eux, et d'eux seuls.
Pas d'une banque d'effets spéciaux et d'un système de son dernier cri qui les
amplifie...
Encore
aujourd'hui, à Edmonton, même s'il y a longtemps que les Gretzky, Messier et
Lowe ont trôné sur la LNH, c'est encore et toujours le hockey qui a préséance
sur tout le reste.
Et c'est
très bien ainsi. Surtout que ce principe n'a pas été compris partout.
Il ne reste
qu'à souhaiter que ce principe suivra les Oilers lorsqu'ils changeront de
domicile dans quelques années...