« ...que vais-je faire? », chantait Gilbert Bécaud, dans l'un de ses classiques. Et ne trouvez-vous pas que la question s'applique particulièrement bien à la fin de saison du Canadien? Qu'elle devrait être à la base de la réflexion de chaque joueur d'ici le 7 avril prochain?

Allez, mes amis, transposons-nous ensemble dans la peau des membres de l'équipe et tentons de trouver un objectif intéressant pour certains d'entre eux...

David Desharnais

Maintenir le même rythme à l'attaque et terminer au sommet des marqueurs de l'équipe. Pour Desharnais, qui a repoussé les probabilités tout au long de son ascension vers la LNH, il s'agirait d'un énoncé extraordinaire, d'un magnifique et juste retour des choses, une preuve éloquente que la persévérance et la caractère peuvent encore faire la différence pour un athlète. Je lui souhaite une invitation au Championnat du monde.

Eric Cole

Continuer à démontrer le même respect envers les amateurs et pour son travail. En se défonçant à chaque présence, même dans le contexte actuel, Cole est une référence exceptionnelle pour les jeunes de l'organisation.

Max Pacioretty

Continuer à s'inspirer de Cole et maintenir le rythme de développement que l'on voit depuis quelques mois. Pacioretty admettait cette semaine qu'il ressentait un certain vide en se retrouvant pour la première fois dans un environnement perdant. Il doit trouver absolument la façon de maintenir le cap et viser encore plus haut. Si on l'invite à représenter les USA aux Mondiaux, il devrait sauter sur l'occasion de vivre cette expérience unique.

Tomas Plekanec

J'ai toujours eu le plus grand respect pour Tomas Plekanec mais j'ai peine à le reconnaître présentement. Il est probablement celui qui a le plus souffert du départ de Jacques Martin. Les attentes de ce dernier et le style du joueur formaient un tout très étanche. En revanche, on l'a souvent placé dans des situations complexes, en changeant constamment ses compagnons de trio. Souhaitons que les dernières semaines lui apportent un peu de stabilité et qu'il retrouve toute sa confiance. Sa polyvalence et son engagement sont des atouts précieux pour le Canadien.

Lars Eller

Continuer à développer ce lien difficile, voire même subtil, entre les missions défensives et les opportunités en attaque. La saison « montage russe » du jeune Danois est représentative du dilemme qu'il vit à chaque présence sur la patinoire. Sa soirée de quatre buts fut à une extrémité du spectre; les nombreux revirements dont il fut victime en début de saison furent à l'autre extrémité. Si Eller le veut vraiment, il deviendra un excellent « troisième » centre dans la LNH.

Mathieu Darche

Forcer la direction à lui consentir un autre contrat la saison prochaine. Darche est un bon vétéran qui prêche par l'exemple sur la glace et il pourrait s'avérer un bon lieutenant pour le prochain entraîneur du Canadien. Lui aussi a repoussé toutes les probabilités et ce, très tard dans sa carrière. On ne peut pas l'utiliser à raison de 20 minutes à tous les matchs, mais il peut encore accomplir plusieurs missions importantes.

René Bourque

Mieux comprendre ses qualités globales et réaliser qu'il pourrait devenir une étoile à Montréal. Pour cela, il devra augmenter son « appétit ». Bourque a un bon tir, il est fort, joue bien en infériorité, mais il semble parfois trouver la façon de « fuir » la rondelle. Il aurait intérêt à regarder Cole de plus près et de s'en inspirer.

Scott Gomez

Alors là, mes amis, c'est la portion complexe de cette chronique. Que souhaiter à Gomez? Il lui reste un peu plus de quinze matchs pour tenter de prouver que les derniers mois ne furent qu'un mauvais rêve et qu'il appartient toujours de plein droit à la LNH. Mission impossible, dites-vous? On s'en reparle en avril.

Ryan White

Cibler davantage la contribution qu'il peut apporter à son équipe. Depuis son retour, White n'a pas hésité à jeter les gants et jeudi soir, il a admis l'avoir fait deux fois plutôt qu'une pour venger Carey Price. C'est bien. Mais White fait à peine six pieds et même pas 200 livres. Il ne peut donc survivre dans la LNH uniquement comme bagarreur. Il a de la fougue, de la vitesse, il peut frapper durement et légalement l'adversaire et peut devenir un spécialiste de l'échec-avant sur un bon trio. Aux côtés de Plekanec, on lui donne présentement la chance de développer cette facette de son jeu. À lui de sauter sur l'occasion de la bonne façon.

P.K. Subban

D'ici le 7 avril, Subban doit découvrir davantage jusqu'où son talent brut et son instinct peuvent s'exprimer, mais à l'intérieur des règles de base imposées par ses entraîneurs et par la position qu'il occupe sur la glace. Il fait encore des erreurs, certes, il commet parfois des revirements coûteux, mais globalement, le jeune homme s'améliore dans toutes les facettes de ce métier complexe. Il est de toutes les missions importantes, joue autour de 25 minutes par match et cette expérience accrue lui sera très précieuse la saison prochaine.

Alexeï Emelin

Apprendre rapidement à survivre avec son style de jeu et éventuellement gagner le respect des adversaires. Emelin a mérité sa place dans la formation d'abord et avant tout par ses mises en échec et par sa robustesse. De plus en plus, il fait perdre la tête à ses rivaux, ce qui est une preuve indéniable de la qualité de son travail. Mais en même temps, il devient de plus en plus ciblé, comme on l'a vu à Tampa mardi dernier. Un jour, il devra jeter les gants lui-même, dans le feu de l'action. Ne serait-ce que pour « l'honneur ».

Josh Gorges

Profiter du mois restant au calendrier pour convaincre la direction du Canadien de la chose la plus évidente qui soit : lui remettre le titre de capitaine dès la saison prochaine! Tout le reste à propos de cet athlète fier et intègre a été dit dans cette chronique.

Carey Price

Prouver d'ici le dernier match qu'il a la force physique et mentale pour jouer autour de 70 matchs par saison et cesser de provoquer des revirements lorsque son équipe a les devants. Si le plan initial était de donner une quinzaine, voire une vingtaine de départs à Peter Budaj, on a vite constaté que le Canadien n'a d'autres choix que de se rabattre massivement sur Price. Et tout indique qu'il faudra faire la même chose au moins l'an prochain. Par ailleurs, Price doit savoir comment réagir dans certaines situations de jeu. S'il est techniquement très fort lorsque vient le temps de faire un arrêt, il doit apprendre à prendre la bonne décision quand il s'agit de quitter son filet, de passer la rondelle ou de dégager son territoire. Cela dit, la direction doit garder toute sa confiance envers son jeune gardien qui a tout le talent voulu pour être au c?ur de la relance de l'équipe.