Nokelainen: du désert... à la jungle!
Pour un joueur de hockey, il n'existe probablement pas de changement de décor aussi drastique. Passer d'une équipe qui joue dans l'indifférence quasi totale à une dont le support est souvent associé au mot « religion ».
Au baseball, on parlerait d'une transaction entre les Marlins de Miami et les Yankees de New York. Au football, d'une entre les Bengals de Cincinnati et les Cowboys de Dallas. Vous comprenez le principe.
En l'espace d'un coup de fil, Nokelainen est donc passé du désert de l'Arizona... à la jungle de Montréal! « Je ne sais pas à quel point tu peux appeler ça une jungle, mais chose certaine, ça a toujours été un endroit que j'ai adoré, disait-il récemment après un entraînement matinal au Complexe Bell de Brossard. Lors de mon passage chez les Bruins, j'ai eu la chance de venir souvent à Montréal et de découvrir un peu la ville et à quel point les partisans sont derrière leur équipe. »
Le Finlandais a effectivement porté les couleurs des Bruins pendant 90 matchs, en 2007-2008 et 2008-2009, avant de passer aux Ducks d'Anaheim. Il savait donc un peu à quoi s'attendre quand il est débarqué à Montréal. « Quand tu joues au Centre Bell pour les visiteurs, tu te fais huer, tu te fais crier toutes sortes de choses, mais ça te donne de l'énergie et de la motivation! Avec les Bruins, on s'était rendu au septième match en 2008 [premier tour] et, malheureusement, on avait perdu. Mais quand même, ça demeure un bon souvenir. Jouer au Centre Bell en séries éliminatoires, il n'y a rien de mieux! »
Sous le choc
Même s'il tenait Montréal en très haute estime, Nokelainen a toutefois été surpris d'apprendre de la bouche du directeur général des Coyotes, Don Maloney, qu'il venait d'être acquis par le Tricolore. Il s'agissait pour lui d'un deuxième déménagement en l'espace de quelques mois, lui qui était retourné chez les Coyotes après avoir disputé la dernière saison en Finlande, avec le Jokerit d'Helsinki.
« Honnêtement, j'étais sous le choc. C'est très rare que tu te fais échanger après seulement cinq matchs de la saison. Une fois la nouvelle digérée, j'étais cependant très heureux de m'en venir à Montréal. J'ai grandi en regardant jouer Saku Koivu. C'était mon héros! »
La poussière retombée, Nokelainen vient de s'installer avec sa copine dans un condo du Vieux-Montréal, dans un immeuble qui abrite d'autres joueurs du Canadien. Avec l'horaire de fou auquel a été soumis l'équipe en novembre, il n'a cependant pas eu beaucoup de temps libre, pour visiter la ville et essayer des restaurants. « Bien honnêtement, j'ai peut-être vécu trop de choses ces derniers mois, avoue-t-il. J'espère de tout cœur pouvoir m'établir avec le Canadien et rester ici quelques années. Car ce n'est pas facile de se faire échanger et de devoir déménager. Ma copine et moi avons trouvé ça difficile, alors je n'imagine pas ce que vivent les gars qui ont une famille. »
Il croit pouvoir faire mieux
Nokelainen, 6 pi 1 po et 202 lb, tente maintenant d'oublier tout le brouhaha causé par son déménagement et de se concentrer sur la tâche qu'il a à accomplir chez le Canadien. Il sait très bien qu'il n'a pas droit à l'erreur s'il veut obtenir un nouveau contrat, lui qui deviendra joueur autonome avec compensation le 1er juillet prochain. Il touche 550 000$ cette saison.
« Depuis mon arrivée, je me trouve ok, sans plus, dit-il sans détour. Je crois que je peux en donner davantage offensivement. Je retire une grande fierté à bien jouer défensivement, à être utilisé en désavantage numérique et à gagner des mises au jeu, mais je suis capable d'autre chose. Il faut aussi que notre trio marque des buts ici et là pour aider l'équipe. »
Une équipe qu'il chérit déjà grandement. Non pas seulement en raison da la présence pendant plusieurs de son compatriote Koivu au sein de celle-ci, mais également de l'ambiance de hockey qui règne dans la ville. « C'est un honneur de jouer pour le Canadien, il n'y a pas de club plus légendaire dans le hockey professionnel. Et ça, ça ne paraît pas seulement sur la patinoire. Tu te promènes dans la ville et c'est facile de constater à quel point les gens ici sont mordus de hockey. Il y a des chandails partout, des drapeaux sur les voitures, le Centre Bell est toujours rempli, etc. Ce n'est pas exagérer quand on dit que le hockey est une religion à Montréal. »
Le 16e choix au total des Islanders, en 2004, espère maintenant avoir le temps de pratiquer une autre religion au Québec, soit celle de jouer au hockey sur une patinoire extérieure! « Je viens de la Finlande, alors la neige et le froid ne me dérangent pas du tout! En fait, j'adore toutes les saisons. J'ai notamment hâte de mettre mes patins cet hiver et d'aller jouer dehors! Je n'ai pas fait ça depuis ma tendre enfance... »
En voilà qui semble ne pas s'ennuyer outre mesure de l'Arizona, pas même pour la température!