« Tout ce que je veux, c'est continuer à m'améliorer dans la Ligue américaine. Évidemment, j'aimerais joindre le Canadien le plus tôt possible, mais j'ai encore des choses à peaufiner dans mon jeu. Quand je vais atteindre la LNH, je veux être prêt et que ce soit pour de bon », mentionnait Ellis au bout du fil, lorsque Hockey Le Magazine l'a joint durant la périodes des Fêtes.

Ellis veut donc y aller une étape à la fois, lui qui totalisait à ce moment 7 points (3-4) et une fiche de -6 en 28 matchs dans la Ligue américaine, après quatre années passées dans la LHJMQ, avec Cap-Breton et Shawinigan.

À 20 ans, il est capable de cibler les points qu'il a à perfectionner s'il veut porter un jour le chandail bleu-blanc-rouge du Canadien. « Je dois surtout améliorer mon positionnement défensif et celui de mon bâton, dit le défenseur de 6 pi 2 po et 205 lb. Même si je ne suis pas le plus offensif, je dois également apprendre quand appuyer l'attaque et quand ne pas le faire. Ce sont tous de petits changements qui sont nécessaires en raison de la plus grande rapidité des joueurs dans la Ligue américaine. »

Pour devenir un défenseur plus aguerri, Ellis peut miser sur les bons conseils de l'entraîneur-chef des Bulldogs, Sylvain Lefebvre. De 1989 à 2003, ce dernier a disputé 945 matchs dans la LNH, avec le Canadien, les Maple Leafs, les Nordiques, l'Avalanche et les Rangers. « Sylvain et ses adjoints possèdent beaucoup d'expérience, croit Ellis, qui a grandi à East Bideford, un petit village de l'Île-du-Prince-Édouard. Sylvain est un ancien défenseur, alors il voit rapidement ce que je fais de bien ou de mal dans mon jeu et il ne perd pas de temps pour m'en parler, question que je m'améliore. »

Les bébés Bulldogs

Cette facilité de communication doit bien servir Lefebvre au sein d'une formation qui regroupe neuf joueurs recrues, dont cinq à la ligne bleue : Nathan Beaulieu, Jarred Tinordi, Antoine Corbin, Greg Pateryn et Ellis.

Ce dernier, bien qu'il se désolait de voir les siens occuper le 15e et dernier rang de l'association Ouest au moment d'écrire ces lignes, aime bien l'ambiance qui règne au sein des bébés Bulldogs. « On fait des erreurs et on apprend tous en même temps, note Ellis. Évidemment, on souhaiterait obtenir de meilleurs résultats, mais on s'y attendait étant donné la jeunesse de notre équipe. On est une belle gang et on a du fun ensemble. Le meilleur s'en vient. »

En plus de s'adapter au calibre de jeu plus élevé dans la AHL que dans la LHJMQ, Ellis doit également d'habituer à sa vie d'« adulte », en colocation avec Patrick Holland et Brendan Gallagher, deux autres recrues des Bulldogs.

En entrevue avec Hockey Le Magazine en novembre dernier, Gallagher mentionnait qu'il était le meilleur cook de l'appartement. Ce qui n'est pas du tout le cas, selon Ellis. « Brendan aime bien dire ça, mais au fond, il n'est pas meilleur que nous », blague le défenseur, qui avoue qu'il a eu du mal à s'ajuster à sa vie loin de ses proches... et de sa famille de pension à son arrivée à Hamilton. « Avant, notre lavage était fait, nos repas aussi. C'était facile, on avait qu'à jouer au hockey! Là, il faut apprendre à se comporter comme un pro, tant sur qu'à l'extérieur de la glace. On doit se fier sur nous-mêmes et apprendre, entre autres, à cuisiner. Lentement, mais sûrement, on s'adapte... »

Certains vétérans des Bulldogs aident Ellis et les autres nombrils verts de l'équipe à s'ajuster à la vie de hockeyeurs professionnels. « Certains gars dans notre équipe ont quand même de l'expérience, précise Ellis. Je pense entre autres à Blundy [Mike Blunden], Zack Stortini et Mike Commodore. Ils nous parlent beaucoup et nous conseillent, autant en tant que joueurs qu'en tant qu'hommes. Ils nous sont très utiles. »

Un rare Islander

Outre ses trois coéquipiers, Ellis nomme Brad Richards comme modèle. Pourquoi donc? « Il provient lui aussi de l'Île-du-Prince-Édouard, a dominé dans les rangs juniors, a déjà remporté la coupe Stanley et est l'un des meilleurs attaquants de la Ligue nationale depuis 10 ans, souligne-t-il. Sinon, chez les défenseurs, j'aime bien Shea Weber. J'essaie de copier son style, même s'il est un plus offensif que moi. »

Richards est l'un des six joueurs natifs de l'Île-du-Prince-Édouard à avoir joué au moins un match dans la Ligue nationale la saison dernière. Ellis peut-il nommer les cinq autres? « Hum, bonne question! Il y a Mark Flood [Jets], le défenseur des Bruins... [Adam] McQuaid et... j'abandonne! »

Darryl Boyce, qui a joué avec Ellis à Hamilton avant d'être libéré à la mi-décembre, le gardien de but auxiliaire des Jets, Drew MacIntyre, et Steve Ott, maintenant avec les Sabres de Buffalo, sont les autres. « Ott? Je n'étais même pas au courant », rigole Ellis.

Ce dernier espère sans doute se joindre au groupe d'ici quelques années. D'ici là, il continuera à peaufiner son jeu avec les Bulldogs, aux côtés notamment de Beaulieu et Tinordi. Les voici, les trois défenseurs qui ont le plus de chances de rejoindre P.K. Subban et compagnie dans un avenir pas si lointain.

Article tiré du Hockey Le Magazine 7.5, paru le 18 janvier 2013.